PROGRAMME

j o u r n é e      d’ é t u d e s

Matin

8h 45 – Accueil des intervenants et présentation de la journée : Nathalie Allio (directrice de la culture), Jean Arnaud, Yves Dutour et Gilles Cheylan.

1- Sciences et taxidermie : une histoire
Modération Gilles Cheylan.

9h 15 – Jacques Cuisin (ingénieur de recherches au MNHN, muséum national d’histoire naturelle, Paris)
La taxidermie, image de la science ou reflet d’une société ?

9h 45 – Jack Thiney (taxidermiste au MNHN, Paris, spécialiste des grands spécimens).
La taxidermie, entre art et sciences, histoire d’une technique de conservation.

10h 15 – Pause

 2- Le récit de la peau : art et taxidermie
Modération Jean Arnaud.

10h 30 – Bertrand Prévost (historien de l’art, université Montaigne-Bordeaux 3).
Sauver sa peau, sauver son apparence. De la subtilité des images.

11h – Raphaël Abrille (conservateur au musée de la chasse et de la nature).
La peau en ordre (?)La taxidermie au musée de la chasse et de la nature.

11h 30 – Charlotte Boulc’h (artiste et doctorante au LESA – AMU, Aix-en-Provence).
Naturalisation et représentation : métaphores artistiques contemporaines de l’exploitation industrielle de l’animal.

12h 15 – Pause déjeuner

 

Après-midi

 3- Sauver sa peau : conservation et survie
Modération Yves Dutour. 

14h – Gilles Cheylan
Formes et apparences : comment la morphologie influence notre perception du comportement des animaux.

14h 30 – Stéphane Ringuet (docteur en écologie tropicale, responsable du programme « Commerce des espèces sauvages », WWF France).
La surexploitation des espèces animales : exemple des rhinocéros.

15h – Jean-Marc Pons (maître de conférences et chargé de conservation de la collection de chiroptères au muséum national d’histoire naturelle de Paris).
Collections d’histoire naturelle et connaissance de la biodiversité.

15h 30 – Pause

4- Henk : du « Souffle et la peau » à « Sauver sa peau », ou comment un rhinocéros devient support de médiation scientifique et artistique

15h 45 – Table ronde animée par Jean Arnaud et Céline Monthérat.
Tous les contributeurs, François Landriot.

Fin de la journée prévue vers 17h.

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CONTRIBUTEURS

Raphaël ABRILLE

est conservateur au musée de la chasse et de la nature. Il a contribué à son réaménagement muséographique et contribue au développement de sa programmation et de la résidence d’artistes qu’il anime. Il a contribué à l’étude et au développement des musées de France consacrés à la cynégétique : au musée de la vénerie de Senlis (conservateur – 2005-2006) et au musée de la chasse de Gien (contribution à la préfiguration du nouveau projet muséographique – 2008-2011). Ses commissariats et publications récentes portent principalement sur les usages et les représentations de la chasse, de la nature et de leurs territoires dans la création artistique et la muséologie (mise en scène et la représentation du trophée et de la nature morte de gibier, histoire de la photographie cynégétique, corpus cynégétique de Gustave Courbet, animalité dans la création contemporaine…)

La peau en ordre (?)La taxidermie au musée de la chasse et de la nature

                  A l’instar de ses homologues, le musée de la chasse et de la nature de Paris dispose, aux côtés de sa collection d’œuvres d’art, d’armes et d’accessoires de chasse, d’un ensemble de trophées. Significative, cette collection dispose d’un statut à part, impose des contraintes muséologiques spécifiques et fait l’objet d’une réception contrastée de la part des visiteurs. Autant d’aspects qui ont amené l’équipe du musée à questionner l’histoire, la portée et le potentiel de ce type d’item muséographique. En parallèle, le musée s’attache activement, depuis une dizaine d’années, à s’ouvrir à la création la plus contemporaine pour autant que celle-ci illustre le rapport de l’homme à la nature. Il est à ce titre perpétuellement confronté aux formes artistiques utilisant, illustrant ou représentant le trophée (ou ses dérivés), le plus souvent sous sa forme la plus spectaculaire et riche de signifiants qu’est la taxidermie. A côté de cette production polysémique et protéiforme, la collection de trophées du musée suscite par ailleurs l’intérêt soutenu des artistes qui sont appelés à le fréquenter.

Cette contribution souhaite rendre compte de la richesse et de la variété de ces expériences et des propositions mises en œuvre par le musée le musée de la chasse et de la nature pour donner à voir et à comprendre ce volet singulier de la création contemporaine.

Jean ARNAUD

est artiste, agrégé et professeur des universités en arts plastiques à l’université d’Aix-Marseille (AMU). Membre du LESA (Laboratoire d’études en sciences de l’art, EA 3274, AMU), il étudie diverses morphologies plastiques (voir notamment L’espace feuilleté dans l’art moderne et contemporain, PUP Aix-en-Provence, 2014), et il a dirigé plusieurs ouvrages collectifs (prochain à paraître : Espaces d’interférences narratives – Art et récit au XXIe siècle, PUM Toulouse, 2017). Il collabore actuellement à un groupe de recherche interdisciplinaire LESA/CEPERC (AMU) : Biomorphismes. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant.

Auteur de nombreux articles, il a aussi présenté récemment son travail plastique à la galerie Art Est-ouest, Marseille (2016), à la Biennale de la photo d’Aubagne (Photologies, Espace Bras d’or, 2016), au Centre d’art Villa Tamaris à La Seyne/mer (2016, 2014 et 2011) et au Centre d’art actuel des Chartreux (Drawing in an expanded field, Bruxelles, 2011).

http://jeanarnaud.fr

 

Charlotte BOULC'H

est artiste-chercheuse ; elle vit et travaille entre Bruxelles et Metz. Doctorante en arts et sciences de l’art à l’université d’Aix-Marseille, en collaboration avec l’académie royale des beaux-Arts (ARBA) de Bruxelles, son sujet d’étude porte sur l’utilisation de la figure animale dans l’art contemporain. Plus spécifiquement, elle s’attache à définir comment la mise en œuvre de la figure animale peut, aujourd’hui, constituer un outil critique efficient des moyens de production industrielle.

                  Naturalisation et représentation : métaphores artistiques contemporaines de l’exploitation industrielle de l’animal.

L’animal naturalisé est équivoque : à la fois issu d’un processus de création (naturel) et de construction (artificiel) c’est un objet ambivalent prétexte à commenter l’état du monde actuel.

La mécanisation du travail en Occident a eu autant pour conséquence un démantèlement formel du corps animal qu’une fragmentation symbolique de sa corporéité. Et paradoxalement, de nombreux rapprochements peuvent être établis entre les processus taxidermiques de reconstruction du corps animal et les processus de déconstruction caractéristiques de la société industrielle.

Alors que l’emprise de l’homme sur la nature semble totale, cette communication analysera, à travers quelques exemples concrets (Taxidermy d’Adel Abdessemed et la série Farm set de Pascal Bernier), comment l’animal naturalisé est réinvesti symboliquement par les artistes contemporains, et plus particulièrement lorsque ces derniers s’intéressent aux conditions d’existence et aux droits animaux. Les diverses analogies et métaphores qu’ils mettent ainsi en œuvre permettent de questionner l’instrumentalisation du vivant sur les plans historique, éthique, symbolique et politique.

Gilles CHEYLAN

est docteur ès sciences (université de Montpellier II). Après des recherches axées sur l’évolution des populations insulaires de rongeurs en Méditerranée et sur les rapports entre les prédateurs et leurs proies, il s’intéresse désormais à l’influence de l’évolution des paysages sur les populations d’oiseaux et sur le mutualisme plantes/animaux. Il a fondé le conservatoire d’espaces naturels de Provence dont il est administrateur, il est président du conseil scientifique régional du patrimoine naturel, membre des conseils scientifiques du parc national de Port-Cros et de la réserve naturelle nationale de Ste Victoire. Il est conservateur en chef honoraire du muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence et a publié plus de cent articles scientifiques.

                  Formes et apparences : comment la morphologie influence notre perception du comportement des animaux.

La perception que nous avons des espèces animales est fortement influencée par leur morphologie. Les espèces aux formes arrondies comme le panda, l’ours brun, le koala ou la tortue, sont perçues comme sympathiques tandis que les espèces dont la morphologie est anguleuse et qui possèdent des pointes telles que des cornes, écailles ou autres protubérances sont perçues comme agressives voire dangereuses. Cette perception résulte de notre empathie pour les bébés, qu’ils soient humains ou animaux ; en effet, chez tous les mammifères, les jeunes possèdent à la naissance des proportions corporelles bien différentes de celles des adultes : la tête est proportionnellement plus grosse et les membres plus réduits que chez l’adulte et les attributs telles que les cornes apparaissent au cours de la croissance. De plus, ces attributs sont souvent particulièrement développés chez les mâles, qui possèdent par ailleurs une masse musculaire plus importantes que chez les femelles. Toutes ces caractéristiques morphologiques apparaissant durant la croissance, quelquefois exagérées chez les mâles, font que les animaux dont la morphologie s’éloigne le plus de celle des nouveaux nés sont perçus comme dangereux à l’âge adulte.

Jacques CUISIN

est ingénieur de recherches au MNHN (muséum national d’histoire naturelle, Paris), où il est aujourd’hui responsable de la conservation préventive pour la direction générale déléguée aux collections du MNHN, après avoir animé pendant neuf ans la plate-forme technique de préparation et de restauration des collections.

La taxidermie, image de la science ou reflet d’une société ?

La taxidermie a connu son apogée durant le dernier quart du XIXe siècle, à l’heure du musée encyclopédique qui suivait alors le mouvement des expositions universelles en Europe et aux Etats-Unis.

Technique de représentation de la nature, elle a servi aussi bien la connaissance et la description du monde des vertébrés, que l’affirmation d’une position sociale ou même la puissance d’une nation. Ces différents mouvements ou époques peuvent se lire dans la stylistique des naturalisations, grâce à de discrets signes, eux-mêmes servis par des évolutions techniques.

Aujourd’hui porteuse d’enjeux intégrés dans la société et la culture contemporaine, la taxidermie continue non seulement de faire rêver, mais de nous inciter à raconter la suite, non pas de l’histoire de la mort, mais aussi (et surtout) d’une histoire des vies croisées de l’homme et de l’animal.

Yves DUTOUR

est docteur en paléontologie (université de Lyon 1). Entré au muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence en 1996 pour ranger les collections paléontologiques, il a rapidement partagé son temps entre la conservation et la médiation scientifique. Cette double fonction lui a permis de valoriser les collections en les utilisant comme support pédagogique. Devenu responsable des collections en 2005 il est aujourd’hui responsable du muséum.

François LANDRIOT

diplômé de l’ESADMM, est plasticien photographe et vidéaste. Il partage son temps entre la création artistique et la formation professionnelle. Il a travaillé à l’IMEREC (institut méditerranéen de recherche et de création) sur des projets d’artistes et avec des chercheurs en sciences sociales. Il a collaboré avec l’association Lieux Fictifs et a contribué à la mise en place des ateliers cinématographiques au centre pénitentiaire de Marseille. Dans ce cadre, il a participé à plusieurs productions, dont le film 9 m2 pour deux (2003). Réalisation d’expositions de photographies, notamment Quarantaine (1993), D’un destin l’autre (2001), Limite(s) dans la ville (2005) et 2 web-documentaires : Route Impériale n° 8 (2010) et Des cerveaux et des électrodes (2016) avec l’association SITe (Marseille). Entre 2004 et 2015 Il a été intervenant professionnel, puis maître de conférences associé en licence arts plastiques et dans le master création numérique à l’université d’Aix Marseille (AMU). Il travaille actuellement comme indépendant dans la production web.

Céline MONTHÉRAT

est responsable de la médiation au muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence. Après des études en histoire de l’art et en muséologie à l’école du Louvre, elle s’est attachée à transmettre au plus grand nombre les connaissances tant ethnologiques (commissaire de l’exposition Aka, un peuple pygmée), médicales (projet d’un musée de la médecine à Marseille), que les sciences naturelles (médiatrice scientifique au muséum depuis 2007).

                  Comment un rhinocéros devient support de médiation scientifique et artistique ?

Interface entre le chercheur et le grand public, la médiation utilise différents supports : les collections du muséum occupent une place privilégiée dans cette transmission des savoirs.

Henk n’est pas un animal naturalisé comme les autres : nous connaissons son histoire, il a une identité, ce qui est suffisamment rare dans nos collections. Les animaux naturalisés sont le plus souvent considérés comme des archives, des témoins d’une espèce vivante ou disparue. Au-delà de son histoire propre, Henck est également le fruit d’une rencontre entre Art et Science et ne peut en ce sens être présenté au public comme un banal rhinocéros blanc.

Jean-Marc PONS

est maître de conférences et chargé de conservation de la collection de chiroptères au MNHN (muséum national d’histoire naturelle, Paris). Depuis quelques années, il étudie plus particulièrement la spéciation, la biogéographie et l’évolution des oiseaux en utilisant l’information génétique obtenue à partir de plumes d’oiseaux vivants ou de coussinets plantaires des spécimens conservés au muséum national d’histoire naturelle. Publications récentes : Pons J.-M., Olioso G., C. Cruaud & Fuchs J. 2011. Phylogeography of the Eurasian green woodpecker. Journal of biogeography 38: 311-325 ; Pons J-M., Thibault J.-C., Fournier J., Olioso G., Rakovic M. Tellini Florenzano G. and Fuchs J. 2015. Genetic variation among Corsican and continental populations of the Eurasian treecreeper (Aves: Certhia familiaris) reveals the existence of a palaeoendemic mitochondrial lineage. Biological Journal of the Linnean Society 115: 134-153; Pons J‐M., Thibault J‐C., Aymí R., Grussu M., Muntaner J., Olioso G., Sunyer J. R., Touihri, M. and Fuchs J. 2015. The role of western Mediterranean islands in the evolutionary diversification of the spotted flycatcher Muscicapa striata, a long‐distance migratory passerine species. Journal of Avian Biology DOI: 10.1111/jav.00859.

                  Collections d’histoire naturelle et connaissance de la biodiversité

Les collections d’histoire naturelle constituent de précieuses archives du monde vivant. Elles sont utilisées pour décrire, nommer, classer et plus généralement comprendre la diversité biologique. A travers quelques exemples je montrerai comment les scientifiques s’appuient sur les collections d’histoire naturelles pour comprendre l’évolution ou l’écologie des espèces éteintes, rares ou bien localisées dans des régions du monde devenues difficilement accessibles compte-tenu des conflits ou de l’instabilité politique qui les affectent. J’insisterai sur les nouvelles connaissances, inaccessibles il y a encore décennies voire quelques années, qu’il est maintenant possible d’obtenir suite à l’essor des techniques permettant d’accéder à l’information contenue dans l’ADN historique conservé dans les musées.

Bernard PRÉVOT

est historien de l’art et philosophe, Maître de conférences habilité à l’université de Bordeaux Montaigne. Il a notamment publié : La peinture en Actes. Gestes et manières dans l’Italie de la Renaissance (Actes Sud 2007) ; Botticelli. Le manège allégorique (Ed. 1:1, 2011) ; Peindre sous la lumière. Leon Battista Alberti et et le moment humaniste de l’évidence (P. U. de Rennes, 2013).

                  Sauver sa peau, sauver son apparence. De la subtilité des images.

La peau, et tout particulièrement la peau des animaux, est extrêmement subtile. Façon de dire qu’elle loge dans un interstice précaire entre l’organique (subjectif) et l’inorganique (objectif), ne se rabattant ni sur l’un ni sur l’autre. Car si la peau est l’organe de l’apparence, alors elle ne se réduit pas à un corps et ses fonctions physiologiques (enveloppe, protection), pas plus qu’elle ne consiste en un corps étranger à la façon d’un vêtement. Lucrèce et Portmann nous serviront ici de guides. Le poète-philosophe latin, pour avoir fait des images une sorte de membrane émanant des corps ; le second, zoologiste suisse contemporain, pour avoir élaboré toute une biologie de la forme vivante. L’enjeu de tout cela ? Penser l’apparence comme expression, détachée de toute forme d’appareil corporel ou organique, penser les images par-delà leur substrat objectif (chose devant soi) autant que subjectif (représentation) : penser des images en soi.

Stéphane RINGUET

est docteur en écologie tropicale au MNHN (muséum national d’histoire naturelle, Paris) et responsable du programme « Commerce des Espèces Sauvages » au WWF France après avoir été directeur régional en Afrique Centrale du programme TRAFFIC, le réseau de surveillance du commerce des espèces de faune et de flore sauvages, une alliance stratégique entre le WWF et l’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Après avoir travaillé sur différents sujets de conservation en Afrique centrale en lien avec les questions d’exploitation des ressources naturelles (e.g. commerce des bois tropicaux, consommation de la « viande de brousse »), de commerce illégal d’espèces sauvages menacées (e.g. ivoire d’éléphants), d’application de la CITES, etc., je travaille aujourd’hui notamment sur des projets en lien avec la lutte contre le braconnage d’espèces sauvages menacées (tigres en Indonésie, développement d’outils de lutte contre le braconnage…), le partage d’informations et la coopération des organismes de contrôle dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (projet TWIX) ou encore la réduction de la demande de cornes de rhinocéros au Vietnam.

Publications récentes: Nkoke, S.C. Milliken, T. Ringuet, S. and Lagrot J.F. (under review). Ivory Markets in Central Africa – Market Surveys in Cameroon, Central African Republic, Congo, Democratic Republic of the Congo and Gabon: 2007, 2009, 2014 and 2015. 102 pp. TRAFFIC. Yaoundé, Cameroon; Ratsimbazafy, C., Newton, D. and Ringuet, S. (2016). Timber Island: The Rosewood and Ebony Trade of Madagascar. 140 pp. TRAFFIC. Cambridge, UK ; Mahonghol, D., Ringuet, S., Nkoulou, J., Amougou, O. G., et Chen, H. K. (2016). Les flux et les circuits de commercialisation du bois : le cas du Cameroun. Edition TRAFFIC. 122 pp. Yaoundé, Cameroun et Cambridge, Royaume-Uni.

La surexploitation des espèces animales : exemple des rhinocéros.

Les cinq espèces de rhinocéros sont un bon exemple des différentes menaces qui pèsent aujourd’hui sur de nombreuses espèces de grands mammifères terrestres, e.g. la disparition et/ou la fragmentation de l’habitat, le braconnage et le commerce illégal de leurs parties et/ou produits…

A travers quelques exemples, je rappellerai l’état de conservation des espèces de rhinocéros en Asie et en Afrique, ainsi que les principales menaces qui pèsent sur leur survie. J’insisterai ensuite sur la composition de la corne de rhinocéros, cette dernière faisant l’objet de nombreuses convoitises pour alimenter une demande en Asie, et être utilisée pour des usages traditionnels et contemporains. Enfin, je terminerai sur les principales mesures / dispositions mises en œuvre pour enrayer la criminalité liée aux espèces sauvages, et en particulier aux rhinocéros dans le monde.

Jack THINEY

est taxidermiste / restaurateur. A partir de1967, il naturalise des mammifères et oiseaux destinés aux collections scientifiques au MNHN, et depuis1986, il crée des sculptures et des reconstitutions destinées aux expositions permanentes (mammouth, dragon, cétacés). Entre1990 et 1994, il a restauré des spécimens de la Grande galerie de zoologie ainsi que des spécimens historiques, dont le rhinocéros de Louis XV (MNHN).

En 2000, il met en place des stages de maquettisme animalier à l’usage des particuliers et des professionnels. (MNHN, Ecole des Beaux-Arts de Versailles, Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort).

Publications : « La taxidermie des grands spécimens », La lettre de l’OCIM n° 48, nov. 1996 ; « Le spécimen naturalisé et sa restauration », La lettre de l’OCIM hors-série, déc. 2002 ; Mort ou vif, Jack Thiney et Jacques Veckemans, La Martinière, 2014.

La taxidermie, entre art et sciences, histoire d’une technique de conservation.

Des accumulations poétiques des cabinets de curiosités à l’ordonnancement systématique des cabinets d’histoire naturelles, du Jardin du Roi, puis du Muséum national à la Grande Galerie de l’Evolution, nous suivrons les progrès de cette technique de conservation à travers l’histoire des hommes, celle des sciences, en parallèle avec l’évolution des musées et des modes de représentation de l’animal. Nous inviterons quelques taxidermies fameuses à nous livrer leurs secrets : le rhinocéros de Louis XV, les éléphants Hans et Parkie, la girafe de Charles X, l’hippotrague bleu de Buffon, etc. Enfin, nous convoquerons les acteurs qui ont contribué à son avancement comme Daubenton, Jean-Baptiste Bécœur, Louis Dufresne ou le Duc Philippe d’Orléans…

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